Aussi appelé : auteur de scénario · showrunner · narrative writer · scénariste de série · writer's room
Le critère de réussite est d'abord « je vois autre chose » : le scénariste crée des mondes, des personnages, des rebondissements qui n'existaient pas, puis les partage au groupe (producteur, réalisateur, writers' room) pour que l'émotion circule et que le projet prenne forme collectivement.
Écriture de scripts originaux pour le cinéma — structure narrative, dialogue, développement de personnages, travail avec le réalisateur, aide CNC.
Secteurs — Cinéma
Employeurs — producteurs indépendants, majors, coproductions
Pour commencer — scénariste junior (aide CNC)
Ensuite — auteur reconnu, auteur-réalisateur
Écriture en writer's room ou en solo de séries pour chaînes ou plateformes — bible de série, arcs narratifs, épisodes, continuité.
Secteurs — Séries TV, Plateformes streaming
Employeurs — producteurs de séries, Netflix France, Canal+, France TV, Amazon Prime Video France
Pour commencer — co-scénariste de série
Ensuite — showrunner, head writer
Écriture interactive pour jeux vidéo — dialogues, arbres de choix, lore, worldbuilding — en collaboration avec le game designer.
Secteurs — Jeu vidéo, Expériences interactives
Employeurs — Quantic Dream, studios AAA, studios indie narrative
Pour commencer — narrative designer junior
Ensuite — narrative director, lead writer
Très irrégulier : périodes d'écriture intense en writers' room ou sur commande avec deadlines serrées, alternant avec des mois de prospection, réécriture ou attente de validation. Les tournages peuvent imposer des révisions d'urgence en 24h.
Forte en phase de conception et premier jet, mais le scénario est ensuite soumis à de multiples validations : producteur, diffuseur, réalisateur, comité de lecture. Les retours peuvent être nombreux et contradictoires, imposant des réécritures substantielles même sur des éléments auxquels tu tiens.
Collaboration permanente : échanges avec réalisateurs, producteurs, script-doctors, autres scénaristes en writers' room pour les séries, et parfois comédiens lors des répétitions. Les pitchs et soutenances de projet demandent aisance orale et capacité à défendre ses choix narratifs.
Travail majoritairement à domicile ou en coworking, parfois en writers' room dédiée pour les séries (bureaux de production). Présence occasionnelle sur plateaux de tournage pour ajustements. Longues heures devant écran, posture assise prolongée.
Limitée géographiquement : Paris concentre l'essentiel des opportunités en France, quelques pôles régionaux (Lyon, Marseille) pour l'audiovisuel. Déplacements ponctuels pour pitchs, festivals ou résidences d'écriture. Le jeu vidéo offre plus de télétravail international.
Élevé et multiforme : angoisse de la page blanche, pression des deadlines, incertitude économique entre deux contrats, frustration face aux refus ou aux transformations imposées du script. Le syndrome de l'imposteur est fréquent, même chez des auteurs établis.
Parcours non linéaire : on commence souvent par des courts-métrages, épisodes isolés ou missions de réécriture, avant d'accéder à des longs-métrages ou postes de showrunner. Certains diversifient vers la réalisation, le script-consulting ou l'enseignement après 10-15 ans. La reconnaissance passe par les festivals et les prix plus que par une hiérarchie formelle.
Exploration continue de la psyché humaine, des structures narratives et de sa propre sensibilité. Chaque projet est une plongée dans un univers nouveau qui développe culture, empathie et compréhension du monde. Particulièrement gratifiant pour les profils introspectifs et curieux, qui transforment leur vécu en matière créative.
Liberté totale en phase d'écriture personnelle, mais contrainte forte une fois le projet vendu : commande, notes de production, format imposé, modifications parfois éloignées de ta vision initiale. Les scénaristes de séries à succès (showrunners) récupèrent du pouvoir décisionnel, mais cela concerne moins de 5% des auteurs.
Potentiel de toucher des milliers voire millions de spectateurs avec des histoires qui façonnent l'imaginaire collectif, portent des valeurs, rendent visibles des réalités sociales. Mais cet impact dépend totalement de la diffusion effective — beaucoup de scénarios restent dans des tiroirs. Quand ça passe, la trace est réelle et durable.
Très précaire : 70% des scénaristes affiliés à la SACD gagnent moins de 15k€ annuels. Revenus par à-coups (droits d'auteur, commandes), intermittence fréquente, nécessité souvent de cumuler avec enseignement, consulting ou autre activité. Les rares auteurs établis vivent confortablement, mais cela demande 10 à 20 ans et du réseau. Difficile à tenir sans filet financier initial.
18 → 90 k€ par an
Secteur saturé en France avec environ 2000 scénaristes professionnels pour un nombre limité de productions, mais pénurie paradoxale de bons auteurs pour séries quotidiennes et formats interactifs (jeu vidéo, VR). Le jeu vidéo recrute davantage mais exige adaptation aux contraintes ludiques.
Boom des plateformes de streaming qui multiplient les commandes de séries, mais avec une concentration sur quelques showrunners établis. Émergence du narrative design dans le jeu vidéo et les expériences immersives. Paradoxalement, les budgets français stagnent et les grilles de rémunération sont sous pression.
| Formation | Durée | Niveau | Parcoursup |
|---|---|---|---|
| École de cinéma (La Fémis, CLCF, ESEC, Kourtrajmé) | 4 ans | bac+4 | — |
| Master édition, livre et industries créatives | 5 ans | bac+5 | oui |
| Master écriture scénaristique (La Fémis, ESRA, CEEA) | 2 ans | bac+5 | — |